Suite au communiqué de presse du Président de la CRIIRAD ce mercredi 13 mai et la réponse affligeante de Dominique Lotte dans le
JSL de jeudi, Christine Bernard a tenu, comme elle l'a déjà fait à plusieurs reprises à redonner , en Conseil Municipal, jeudi 14 mai, sa position sur ce sujet.
Elle a été soutenu par Bernadette Lesme qui a fait une déclaration trés précise sur l'aspect technique du dossier.
De plus, nous sommes surs qu'un certain nombre de conseillers municipaux de l'équipe de Dominique Lotte ne comprennent pas l'objectif poursuivi par leur maire !!
Voici la déclaration de Christine Bernard:
Monsieur le Maire, soit vous n’avez pas compris, soit vous avez peur de vous
battre.
Alors partons du principe que vous n’avez pas compris, et nous allons réexpliquer.
Vous continuez à déclarer que vous n’êtes pas compétent. Vous l’avez dit en conseil municipal en
parlant de vous-même, vous le redites aujourd’hui, en précisant que le conseil municipal n’est pas compétent pour décider des travaux.
Alors s’il vous plait, ne participez plus, ni vous, ni vos élus, aux réunions de la CLIS.
Vous avez été élu pour être compétent dans beaucoup de domaines, y compris et le plus souvent pour prendre des décisions
dans des domaines pour lesquels vous n’avez eu ni formation initiale ni diplôme.
Donc j’insiste, ne participez plus à la CLIS.
Par contre, le conseil municipal a lui, toutes les compétences pour décider de se battre, se battre pour obtenir
plus et mieux.
Et effectivement, l’incompétence du conseil municipal sera totale si celui-ci ne décide pas de se battre, pour obtenir
plus et mieux.
Pourquoi ne nous battrions nous pas ?
Parce que vous dites que ce n’est pas réaliste ?
Je connais de nombreuses personnes dans cette salle, et j’en fais partie, qui ont l’habitude de se battre, pour une
cause en laquelle ils croient, et qui ne s’arrêtent pas au premier argument du premier venu qui leur dit « ce n’est pas réaliste »
Et d’ailleurs, pourquoi ce ne serait pas réaliste ? d’où sortez vous ça ?
Parce qu’il manque 200 000€ ?
Vous avez peur de les demander à AREVA ? vous n’osez pas faire du lobbiing
politique ? vous hésitez à demander que des pressions soient exercées sur AREVA ? vous avez peur d’être en photo dans le journal en interpellant AREVA sur ses
responsabilités ?
Non, je ne le crois pas.
Je crois que vous ne savez pas vous battre, tout simplement.
Et pourtant, tout plaide en notre faveur pour qu’on ne lâche pas le morceau.
La CRIIRAD d’abord, qui par ses compétences et sa capacité à
interpeller », nous apporte un soutien quasi-inespéré.
Le sous préfet ensuite, qui continue de se demander si la solution actuelle est bien la bonne. Il a demandé à me
recevoir la semaine dernière, je suis allée le voir, et on sent bien qu’il est prêt à travailler encore ce dossier. Et si il a l’air de vouloir aller vite, c’est simplement parce que VOUS lui
demandez d’aller vite.
D’ailleurs, revenons quelques instants sur ce besoin d’aller vite. C’est certain, il ne faut pas laisser retomber ce
dossier, il faut donc aller vite. Mais nous ne sommes pas à 3 ou 6 mois près. D’autant plus que nous savons que pour au moins encore 1 saison, le nombre de voitures qui utilisent le parking les
soirs de match restera très « modéré ».
Et la 3F (Fédération Française de Football) s’accomodera de nos autres parkings pour le match de l’équipe de France.
Refusez s’il vous plait de céder à ceux qui pourraient vouloir mettre la pression sur ce parking pour ce match de septembre.
Pour en revenir au sous-préfet, il n’a pas de consignes, ni de la préfecture, ni du ministère, qui lui demandent d’aller
vite. D’ailleurs, il n’a aucune consigne.
Ce qui nous laisse encore plus de marge : si les travaux ne se font qu’à l’automne au lieu de l’été et que la
pérennité du résultat est bien meilleure, personne ne le reprochera à personne.
Et puis vous mélangez tout : nous ne parlons que du parking, car le reste du site d’enfouissement,
parfaitement clos et nous espérons bien surveillé, ne bouge pas. Il ne s’agit pas d’enlever les 200 000 tonnes de déchets du site de stockage.
Il s’agit d’enlever les 25000 tonnes contaminées du parking, de les stocker dans le site de stockage voisin, qui je le
rappelle est prévu pour ça.
Alors pourquoi venez-vous nous parler d’autres villes à qui nous proposerions d’hériter de notre
histoire ?
Soit vous n’avez pas compris, soit vous cherchez à embrouiller les gueugnonnais.
Et votre stratégie est incohérente : vous acceptez les travaux proposés, et dans le même temps
vous n’écartez pas l’hypothèse que les travaux ne soient pas efficaces : je vous cite : « si les travaux ne sont pas à la hauteur de ce que
la CLIS a prévu, la municipalité dénoncera la convention de mise à disposition, le terrain reviendra à AREVA et ne sera plus utilisé comme parking »
Imaginez ça : un beau parking avec un bel enrobé, des belles barrières en bordure de route, peut-être même la
peinture pour les emplacements pour les voitures, et tout ça fermé derrière un grillage parce qu’il y aura encore de la contamination en surface…. Le ridicule ne tue plus, c’est une
chance.
Mais ne sourions pas trop vite, parce que de toute façon, ce beau parking, avec de l’enrobé, des belles barrières en
bois avec des jardinières de fleurs, un jour, il sera derrière un grillage.
Parce que l’enrobé sera détérioré, et de fait la radioactivité sera à nouveau à des seuils trop élevés, et nous ne
pourrons plus l’utiliser.
Et ceci, c’est dans 15 ans. Nous qui sommes ici ce soir, nous assisterons à ce spectacle honteux pour ceux qui avaient
pris les décisions.
A moins que la commune ne refasse à ses frais cette fois l’enrobé. Ça coute combien ?
100 000€ ?
Mais là encore, c’était l’hypothèse optimiste.
Parce que il faut bien comprendre que, si on ne décape pas totalement ce parking, si il reste des résidus sous les 20 cm
– et ce sera le cas -, la DRIRE - pour se couvrir, mais aussi parce que c’est normal qu’elle le fasse – la DRIRE va demander à ce que la
classification ICPE du site de stockage soit étendue au parking.
Et là, imaginez bien qu’il existe un arsenal de réglementations, qu’il existe un code de l’environnement, et que compte
tenu de la classification qu’aura le parking, il ne pourra plus être utilisé comme … un parking. Ce serait un précédent inacceptable.
Donc dans 1 an, peut-être 2, le parking avec son enrobé et ses belles barrières sera fermé.
Tout ça parce qu’on n’aura pas fait le décapage total.
Finalement, vous ressemblez à M. Bailly.
Lui s’entêtait à trop vouloir se battre pour l’incinérateur,
Vous, vous vous entêtez à ne pas vouloir vous battre pour décontaminer.
Alors mesdames et messieurs les conseillers, discutez encore, argumentez encore, pour obtenir 200 000 euros de
plus, dans le cadre de la CLIS, mais aussi en dehors : discutez avec les services de l’état, avec le ministère, avec la direction d’AREVA, ça,
c’est réaliste.
Obtenir encore quelque semaines de plus de négociations, non seulement c’est réaliste, mais c’est un
devoir.
Et ça, nous pouvons le décider ce soir, en demandant que de nouvelles réunions aient lieu, qu’une nouvelle CLIS
se réunisse.
Il ne faut pas se réfugier derrière les « décisions » prise lors de la CLIS.
La CLIS n’est pas un organe de décision, c’est une instance de
concertation.
Le sous préfet d’ailleurs l’a dit, lors du vote qu’il a fait le 21 avril : le vote n’a pas de valeur, il ne
contraint rien ni personne.
Mais parce que c’est une instance de concertation, il faut à nouveau la réunir. Et très
vite.
Et ça, je vous assure, nous pouvons le décider ce soir,
ça, c’est de notre compétence.
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