Recherche

Samedi 25 avril 2009 6 25 /04 /Avr /2009 22:39

Avec un peu de retard, la Lettre ouverte de Christine Bernard à Monsieur le Préfet de Saône et Loire...celle qui a convaincu M. le maire de Gueugnon de demander au sous-préfet une deuxième réunion de la CLIS (Commission locale d'Information et de Surveillance)...


          Lettre ouverte à Monsieur le Préfet de Saône et Loire

 

 

 

                                                                                 Monsieur le Préfet,

                                                                                 Préfecture de Macon

 

 

 

 

Monsieur le Préfet,

 

 

Nos enfants nous regardent, nos petits enfants, arrières petits enfants etc etc nous jugeront.

Et j’ai bien peur qu’ils ne nous jugent très mal.

 

En 2003, alors que l’implantation d’un incinérateur était en projet ici à Gueugnon, j’avais dit, sur les marches de la mairie, devant les Gueugnonnais rassemblés, que Gueugnon avait déjà payé un lourd tribut à l’industrialisation, entre ce qu’on appelait les forges, ses fours avec de l’amiante, ses crassiers et le chrome 6, et « l’ancienne usine atomique » avec ses déchets enterrés et ses parkings remblayés, et que de ce fait nous mettre en plus un incinérateur était le signe du plus grand mépris envers nous.

 

A l’époque, personne n’en parlait, et nous n’étions que quelques uns à manifester une inquiétude réelle sur le site dont tout le monde parle aujourd’hui. 

 

En 2008, pendant la campagne pour les municipales, j’ai été la seule candidate à parler vraiment de ce problème, j’ai d’ailleurs contribué largement à faire connaître ce sujet à de nombreux Gueugnonnais.

 

Et en février 2008, il y a maintenant un an, une réunion a eu lieu ici, en mairie, avec AREVA et son représentant M. Andres, avec le maire de l‘époque, l’association locale VPIG , et des représentants de la CRIIRAD.

 

Ce jour là, AREVA a fait une proposition de travaux sur le parking du stade. Proposition qui a fait l’unanimité contre elle, en particulier de la part de la CRIIRAD, mais aussi du maire de l’époque et des représentants de l’association.

 

Dans le même temps, face à la demande insistante des associations et d’élus, une CLIS a enfin été mise en place.

Une première réunion de cette CLIS a été faite le 22 janvier 2009. Nous pouvions imaginer que cette première CLIS consisterait en son installation, avec un tour de table de la situation du site de l’ancienne usine et des zones de stockage et de remblais, et afin de laisser aussi à chacun le temps de prendre ses marques dans cette structure.

 

Il n’en a rien été, puisque dès la première réunion, des décisions engageant l’avenir de ce site ont déjà été prises, sans laisser le temps de la réflexion, que ce soit aux élus, aux associations, mais aussi aux représentants des différents services de l’état.

 

Dans le compte rendu de cette CLIS, il n’apparait pas de trace de vote, et pourtant, les camions sont déjà sur le site.

 

Et les décisions prises reprennent entièrement la proposition qu’AREVA avait présentée lors de la réunion en mairie du 22 février 2008. Regardez les dates sur le document en tout petit en bas du power point de présentation, proposition qui je vous le rappelle n’avait pas été acceptée à l’époque.

 

Et pour avoir bien écouté M. Andres, en particulier devant les caméras de France 3, à partir du moment où AREVA réalise la réhabilitation d’un site, quelle que soit la réelle efficacité en terme de dépollution et de pérennité, ils ne reviendront plus jamais.

 

Alors nous, à Gueugnon, doit-on se réjouir du fait qu’AREVA vienne réhabiliter le parking ? Que les travaux se fassent dans la précipitation en ce printemps 2009, au risque que ces travaux soient insuffisants ?

 

S’il vous plait, les Gueugnonnais attendent depuis 25 ans que ce site soit traité. En leur nom, je peux vous dire qu’ils veulent bien attendre quelques mois de plus !

 

Reprenons le projet AREVA, dénoncé par tous :

 

Tout est basé sur leur fameuse coupe théorique, qui montre que les résidus de traitement seraient à 70 cm de la surface.

 

En fait, toute la couche de couverture destinée à nous isoler des résidus de traitement est elle-même contaminée, il faut donc la reprendre entièrement. Et sans rentrer dans des considérations plus techniques, la proposition de décapage de 20 cm est totalement ridicule.

 

Parce que sinon, dans 10-15 ans, quand pour x raisons des travaux devront être repris à nouveau sur ce secteur, on retrouvera à nouveau la couche contaminée et on ramènera à nouveau des résidus.

Et je plains ceux qui alors devront rediscuter avec AREVA.

 

Parce que juridiquement, accepter la proposition actuelle, c’est implicitement reconnaître que cela suffit. La CLIS et vous -même ne doivent pas se contenter de cette seule proposition et l’accepter dès la première réunion, la CLIS doit engager au contraire un vrai débat, contradictoire, et ensuite, de façon éclairée, prendre ses responsabilités.

 

 

De même, nous ne voulons pas que nos arrières petits enfants viennent construire leur maison sur un joli terrain paysagé en bordure de rivière et dans lesquels ils découvriront un jour que la chambre de leurs enfants a un taux de radon à faire exploser les instruments de mesure.

En effet, il y a un autre sujet fondamental qui est le classement du site, c’est-à-dire son statut juridique. Il faut absolument vérifier le statut juridique des différentes zones autour de l’ancienne usine et des sites de stockage.

C’est de ce classement que dépend la surveillance qui doit être mise en œuvre. C’est de ce classement que dépend la pérennité de la surveillance que les services de l’état feront pour les dizaines et centaines d’années à venir.

 

Seulement voilà, le site de stockage des déchets a été classé en décharge de déchets industriels, type ICPE rubrique 167b, qui exclut notamment le stockage de déchets radioactifs….

Une réflexion vous est demandée quant à la légalité de garder ce site en IC, alors que le classement INB (installation nucléaire de base) semblerait être le seul légitime.

 

Monsieur le Préfet, la population gueugnonnaise – qui avait su se mobiliser quand elle s’était sentie maltraitée et mal considérée dans le dossier incinérateur – est dans son immense majorité très attentive à ce qui va se passer dans les semaines à venir, et la précipitation avec laquelle AREVA investit le site en ce moment interroge, et les gueugnonnais ne se laisseront pas faire.

Comme tous ici à Gueugnon, nous avons bien entendu le Ministre de l’Environnement, Monsieur Jean Louis Borloo, déclarer publiquement :

« Il faut récupérer le retard, être transparent, et pour prendre les mesures avoir des informations objectives ».

 

Nous avons pris acte de votre volonté de traiter ce dossier, mais, au-delà de la stricte valeur juridique que pourrait avoir un compte rendu pour le moins très vague de la première CLIS, nous attendons de vous, Monsieur le Préfet, que la prise de décisions si importantes ne se fasse pas dans la précipitation, mais après un vrai temps de réflexion, d’informations éclairées et contradictoires, seules conditions pour que l’équité, valeur absolue de notre République dont vous êtes le représentant, soit aussi appliquée aux Gueugnonnais.

 

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de mes très respectueuses salutations.

 

 

Gueugnon le 8 mars 2009

 

 

 

 

 

                                                                                 Christine BERNARD

                                                       

                                                                   Docteur en Chirurgie Dentaire

                                           Conseillère municipale – Tête de liste aux municipales de 2008

                                                                                        Député suppléante de 2002 à 2007

 

 

Copie : Monsieur Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Environnement

            Monsieur le Sous-Préfet de Charolles, Messieurs les Parlementaires de Saône et Loire

            Monsieur le Maire de Gueugnon

            Madame Elise Lucet, France 3

            Monsieur le Directeur du JSL

            Monsieur le Directeur de la Renaissance

Par Webmaster
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Bravo!
Vos efforts paient, il faut continuer!
Commentaire n°1 posté par pierre le 26/04/2009 à 19h05
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés